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Réunion de l'Eurogroupe avant l'Ecofin L’Eurogroupe étudie l’évolution de la crise budgétaire grecque
15-03-2010
Des manifestants opposés aux mesures d’austérité en Grèce. EFE
Avant de se réunir dans le cadre du Conseil « Affaires économiques et financières » (Ecofin) à Bruxelles, les ministres européens analysent l'évolution de la crise budgétaire grecque et tentent d'accorder un mécanisme d'urgence susceptible d'éviter la faillite à un des membres de la zone euro.
L'un des moyens envisagés par les partenaires communautaires, dans le cas où la Grèce ne pourrait obtenir un financement du marché à des coûts raisonnables, consisterait à avaliser ses futures émissions de dette.
Depuis le début de l'année, Athènes doit faire face à des échéances d'une valeur de 55 000 millions d'euros.
Depuis le début de la crise grecque, les gouvernements et les institutions européens tentent de mettre au point un mécanisme d'urgence compatible avec les normes de l'union économique et monétaire, particulièrement concernant la clause du Traité qui interdit d'assumer ou de financer directement la dette d'un partenaire de l'euro.
Lors du sommet du 11 février, les partenaires européens ont promis d'agir de manière « rigoureuse et coordonnée » si cela s'avérait nécessaire, tout en exigeant au gouvernement grec de Georges Papandréou qu'il prenne toutes les mesures nécessaires en vue de réduire son déficit public afin de passer du niveau actuel de 12,7 pour cent du PIB à moins de 3 pour cent en 2012.
Mardi dernier au Parlement européen, le président de la Commission européenne (CE), José Manuel Durão Barroso, a clairement indiqué que « la Grèce a pris les mesures nécessaires en vue de réduire son déficit cette année ».
Il a également confirmé que l'organe exécutif de l'UE « travaille activement » avec les membres de la zone euro à la définition de l'instrument que les autorités grecques pourraient utiliser en cas de besoin.
M. Durao Barroso a assuré, sans pour autant donner de détails, que cet outil sera « compatible avec le Traité » et que des règles « très strictes » seront fixées concernant son utilisation. Et d'ajouter que ce mécanisme devra être accepté par tous les membres de la zone.
Vendredi dernier, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a clairement indiqué, dans un article publié dans le quotidien britannique Financial Times, le prix que Berlin exigera de la part des pays qui, par manque de discipline fiscale, mettront en danger la solvabilité et la stabilité de la monnaie unique.
L'Allemagne, qui a renoncé au deutsche mark (DM) il y a onze ans afin de permettre la naissance de l'euro, exige un durcissement des règles de surveillance et de discipline, allant jusqu'à envisager la suppression des fonds de cohésion européens pour les États présentant des déficits excessifs, ainsi que la suspension de leur droit de vote au Conseil ou leur expulsion pure et simple de l'union monétaire.
La ministre française des Finances, Christine Lagarde, a répliqué dans ce même quotidien en indiquant que l'excédent important de la balance des paiements allemande pourrait peut-être permettre de laisser un répit aux partenaires de l'Eurozone en encourageant la demande interne.
Pour sa part, le vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Concurrence, Joaquín Almunia, a assuré à Madrid que la crise économique actuelle exige des mesures à court terme et que la solution ne consiste pas uniquement à envisager la création à long terme d'un fond monétaire européen.
Lors de son intervention au Nueva Economía Forum, M. Almunia a indiqué que la crise grecque a démontré que l'UE « a besoin de mettre une énergie politique ambitieuse au service de quoteparts d'intégration plus importantes ».
Concernant le troisième paquet de mesures économiques d'ajustement adopté par le gouvernement grec en vue de freiner son important déficit public, il a en outre assuré que le gouvernement de M. Papandréou « a obtenu ce que personne ne pensait qu'il était possible d'obtenir », et que par conséquent, « la balle se trouve maintenant dans le camp de l'ensemble des pays de l'Eurogroupe », afin d'étudier les moyens de chaque pays de l'UE en vue d'affronter la crise.
Le commissaire à la Concurrence a également indiqué que pour les pays de la zone euro « le pire de la crise était passé » et qu'il n'y a plus de « sensation de chute libre », étant donné que toutes les économies « sortent actuellement peu à peu de la récession ».
Néanmoins, il a indiqué que sortir de la récession « ne signifie pas sortir de la crise », dans la mesure où cette dernière étape passera par « la remise en ordre du système financier et une stratégie visant à freiner l'endettement tant du secteur public que privé », et d'ajouter « que ceci prendra plusieurs années ».

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