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L'Espagne a navigué dans des « eaux nouvelles et fragiles », a déclaré le président du PE M. Buzek « rend hommage » au travail de la Présidence espagnole
06-07-2010
De gauche à droite, les présidents de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, et du Parlement européen, Jerzy Buzek. EFE
Le président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek, a souhaité « rendre hommage » à la présidence tournante espagnole et à José Luis Rodríguez Zapatero pour avoir été capables d'obtenir « des progrès importants » alors qu'ils naviguaient « dans les eaux tourmentées » du premier semestre 2010.
En conférence de presse, après l'intervention de M. Zapatero devant la séance plénière du Parlement européen, M. Buzek a admis que les débuts « n'ont pas été faciles » étant donné les changements entraînés par l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne au moment même de la mise en place de la présidence espagnole.
Ce nouveau Traité a donné plus de pouvoir de « co-décision » au PE : il s'étend à tous les domaines où le Conseil décide à la majorité qualifiée. En outre, pour la première fois, le Parlement intervient, par exemple, dans les décisions de politique agricole, y compris dans le financement de la PAC (plus de 40 % du budget de l'UE). Il doit également donner son approbation envers les accords commerciaux avec les pays tiers.
L'ensemble de ces nouveautés dans les relations inter-institutionnelles « a connu un progrès considérable » au cours du semestre, a souligné M. Buzek, et a permis de donner un « très bon exemple » de coopération que devraient suivre les pays qui prendront la relève de l'Espagne en tête de l'UE au cours de l'année et demie prochaine : à savoir la Belgique, la Hongrie et la Pologne.
« La Présidence espagnole a dû résoudre beaucoup de problèmes au cours d'une période très difficile (à cause de la crise financière) et naviguer dans les eaux nouvelles et fragiles du Traité de Lisbonne », a réitéré le politique conservateur polonais.
M. Buzek a établi un parallélisme entre le travail espagnol en tête de l'Union européenne et le rôle de la sélection espagnole au Mondial de football en Afrique du Sud. Il a souhaité une grande réussite à l'équipe espagnole pour le reste de la compétition, et a également souligné que deux autre pays européens sont aussi arrivés en demi-finale : l'Allemagne et les Pays-Bas.
M. Zapatero parle d'une union « plus parfaite » de l'Europe
Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a considéré que le Traité de Lisbonne a été appliqué « dans l'esprit et à la lettre » au cours de ces six derniers mois.
D'après lui, ce Traité « représente une Union européenne plus parfaite, l'espace commun étant renforcé, ainsi qu'un changement des règles de gouvernement, avec de nouvelles institutions et de nouveaux équilibres de pouvoir ».
Tel qu'il l'avait défendu lors de son intervention précédente devant la séance plénière, le chef du gouvernement espagnol s'est montré convaincu que « la grande majorité des Européens savent par expérience que plus l'union est homogène, plus la stabilité économique est grande et plus la capacité de progresser, de renforcer le modèle social et d'avoir une influence sur le plan international est important ».
Avec l'entrée en vigueur des nouvelles règles du jeu des institutions européennes, M. Zapatero a mis l'accent sur le nouveau gouvernement économique plus fort, produit de la crise économique, qui était déjà envisagé avant le début de cette dernière.
« Déjà avant la crise, nous avions parlé d'un gouvernement européen plus fort, qui envisagerait des sanctions en cas de manquement aux règles. J'en ai parlé au début de la Présidence et cela a été critiqué. Au bout du compte, ces mesures ont été prises en compte », a-t-il rappelé.
M. Barroso félicite une présidence « solide »
Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, il a qualifié la présidence tournante espagnole de « solide et bonne » dans des « circonstances difficiles ».
« Le gouvernement espagnol a joué un rôle très européen (...). Je crois sincèrement que ces six derniers mois ont constitué une réussite pour l'Espagne et pour l'Europe. Nous avons démontré qu'ensemble nous sommes plus forts, surtout en période de crise comme celle que nous venons de vivre », a conclu le chef de l'Exécutif communautaire.

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