Entretien avec le ministre espagnol de l'Industrie, Miguel Sebastián M. Sebastián : « La voiture électrique est une opportunité pour l'industrie européenne »
09-02-2010
Miguel Sebastián. EFE
1.- Le véhicule électrique est au centre de la réunion informelle des ministres de l'Industrie. Quelle est la ligne d'action de la Présidence espagnole à ce sujet ?
Le véhicule électrique est une opportunité pour l'industrie européenne. Son implantation implique le développement de nouvelles technologies, une activité innovatrice, générant une haute valeur ajoutée, la création d'emploi de qualité, des possibilités de favoriser les exportations, l'amélioration de l'efficacité et de l'économie d'énergie, le contrôle des émissions de CO2 et la réduction de la dépendance du pétrole et des dérivés.
De notre point de vue, le leadership de l'implantation du véhicule électrique doit incomber aux institutions de l'Union européenne et ce que nous avons fait lors de cette réunion informelle des ministres a été de présenter à tous les États membres un document de débat dans lequel nous énumérons les principales implications et les défis auxquels nous devons faire face en vue d'une implantation du véhicule électrique à grande échelle. Nous avons demandé aux pays de l'UE d'exprimer leur opinion afin de créer un débat interne capable de déboucher sur la mise en marche d'une stratégie commune par la Commission européenne, qui est l'institution qui doit assumer cette tâche.
2.- Quelle va être la dynamique de travail de la réunion informelle ?
Nous avons préparé trois sessions de travail, dont deux seront menées par des experts des secteurs d'entreprises concernées, afin d'analyser le véhicule électrique depuis tous les angles. Tout d'abord, nous aborderons les implications d'un point de vue industriel lors d'une séance qui comptera sur la présence de conférenciers des principaux secteurs impliqués : énergétique, automobile et technologie.
Ensuite, une session menée par les institutions aura lieu, du Parlement espagnol à la Commission européenne, en passant par la mairie de Barcelone, l'une des villes espagnoles où se déroule le plan pilote espagnol d'introduction du véhicule électrique (projet MOVELE).
Finalement, la troisième séance plénière sera réservée pour que les ministres de tous les pays membres expriment leur opinion et donnent leur vision sur les divers aspects liés au véhicule électrique. Comme il s'agit d'une réunion informelle, aucun document ne sera approuvé, mais la Présidence espagnole a préparé un document pour animer le débat et proposer, le cas échéant, une série de conclusions à soulever à l'Exécutif communautaire.
3.- Comment la Présidence espagnole de l'UE développera-t-elle une stratégie commune sur le véhicule électrique ? Quels accords espère-t-elle obtenir ?
En ce qui concerne la Présidence, nous souhaitons donner un rôle central au véhicule électrique. Cette réunion informelle est un premier exemple. Un seul sujet a été lancé – le véhicule électrique – ce qui ne s'était jusque-là jamais produit. Nous pensons que dans une phase naissante de développement de ce type de véhicules, la première chose à faire est de provoquer le débat, de présenter les défis auxquels l'Europe doit faire face de façon conjointe et globale pour gagner une position plus compétitive dans ce secteur.
Nous avons bon espoir que notre point de vue soit partagé par le reste des États membres et des institutions communautaires et espérons que la Commission européenne prendra le relais et adoptera une stratégie commune à débattre lors du conseil des ministres du mois de mai prochain.

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